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L’Irlande, première partie

L’Irlande est membre de l’Union européenne depuis 1973. Pays de 4,64 millions d’habitants, ses principales villes sont Dublin, Cork et Galway. La République d’Irlande a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1922.


« En Irlande il n’y a pas d’étrangers mais seulement des amis que vous n’avez pas encore rencontrés »


Samedi 03 Aout, je me réveille à 08h00. La nuit fut courte et agitée, la moquette du bateau en guise de matelas n’est pas la meilleure solution pour passer une nuit reposante, d’autant plus lorsque les lumières de la cabine où tu dois dormir restent allumées une bonne partie de la nuit, comme ce fut le cas. Mais ce matin, j’ai le sourire. Le fait que j’arrive bientôt en terre irlandaise doit en être l’une des raisons. Mon arrivée n’est prévue qu’à 12h30, heure locale. Alors pour passer le temps mais aussi parce qu’il le faut, je prends mon petit déjeuner, deux pains au chocolat et un café qui feront office de breakfast, comme on dit outre-Manche, que j’irai déguster sur le pont. Par la même occasion, j’en profiterai pour prendre quelques photos.

Le ferry accoste, comme prévu, à 12h30 et grâce à mon expérience de mes précédentes traversées de la manche en ferry, je sais qu’il vaut mieux être devant que derrière, alors je me précipite dans le sous-sol du bateau afin d’être le premier à en sortir. Les portes du bateau s’ouvrent, je suis le premier à poser le pied, ou plutôt mes roues sur le littoral maritime, accompagné dans la foulée par d’autres cyclistes, quelques coups de pédale et nous voilà au poste frontalier, la douane nous laisse passer sans aucun contrôle. Me voilà à Rosslare Harbourg. C’est un petit port situé dans le sud-est de l’Ile dans le comté de Wexford. Un ciel bleu mais menaçant m’accueillera. Quelques minutes après avoir débarqué, je fais la rencontre d’Amaury, un Français, devant une station service. Nous discuterons un instant sur nos différents projets, lui se rend dans le sud-ouest de l’ile avant d’entamer une remontée vers le nord en longeant la côte ouest. Tandis que moi je file directement vers la côte ouest. On se souhaite mutuellement un bon voyage puis nous nous quittons. Quelques minutes plus tard, je ferai une nouvelle rencontre, et encore une compatriote. Comme l’impression de ne pas avoir quitté la France. Cette fois-ci c’est Mathilde, qui s’en va dans le Nord de l’ile rejoindre des amis. Nous ferons quelques dizaines de km ensemble avant que je reprenne, seul, la route à Westford, pendant qu’elle, s’arrêta dans cette jolie ville afin d’y passer la nuit. 



Une fois seul, je jette un coup d’oeil rapide sur mon téléphone pour connaitre ma direction, et je remarque assez rapidement que je n’ai plus accès au réseau téléphonique. Malgré toutes mes manipulations, je n’arriverai pas à résoudre le problème dans l’immédiat. C’est que quelques instants plus tard, lorsque je m’arrête à une station-service en bord de route que j’y arrive. Avant mon départ, j’avais oublié de débloquer ma carte SIM pour l’étranger. Grâce à la wifi publique de cette station-service, je réussirai à aller bidouiller les paramètres de mon opérateur et corrigerai ce petit détail. À 15h30, je reprends la route pour les derniers kilomètres qu’il me reste. Ma première impression sur les conditions de route en Irlande est plutôt bonne, ici les routes sont larges et peu fréquentées, ce qui fait que c’est un réel plaisir de rouler. J’arrive à Adamstown, ou je vais passer la nuit chez mon premier hôte Warmshower*.

*Warmshower est un système d’entraide qui permet de mettre en relation des cyclo-randonneurs avec des hôtes, des particuliers qui pourront leur offrir leur hospitalité le temps d’une nuitée. Le tout gratuitement. C’est l’un des premiers systèmes d’échange de location à titre non lucratif dédié uniquement aux cyclistes. Les Warmshowers sont considérés comme des bénévoles présents presque partout dans le monde, aidant les cyclotouristes en mettant à leur disposition une chambre d’amis ou un endroit pour dormir. Cette communauté compte aujourd’hui plus de 10 000 membres, la plus grande partie se trouve en Amérique du Nord (environ de 60%), répartie entre les Etats-Unis le Canada mais aussi le Mexique, le Guatemala, et le Groenland, ne comptant que quelques membres pour le moment.



Pour ma première nuit en Irlande, je suis accueilli par Ulrich. J’arrive chez lui à 17h et on fait connaissance rapidement, puis il me présente la chambre où je vais passer la nuit. Je pose tous mes bagages puis je saute dans la douche. Par la suite, j’irai passer un coup d’éponge sur mon vélo pour qu’il puisse reprendre sa si belle couleur. À 19h, Ulrich me propose de partager le diner avec lui, chose que j’accepte, évidemment. Nous serons que 3 à diner, moi, Ulrich et son fils. Moment très agréable, en plus du succulent repas concocté par Ulrich, j’ai pu en apprendre davantage sur l’Irlande et sur Ulrich. Malgré mon anglais, nous arrivons à nous comprendre assez facilement. La première chose dont nous avons discuté est du temps irlandais. En effet, avant de partir je savais plus ou moins que l’Ile possédait un temps du genre, capricieux. Ulrich me confirmera cela et me racontera qu’en Irlande, rien n’est plus incertain que la météo, un ciel ensoleillé matinal peut cacher une grosse tempête. J’apprendrai également que l’on paie en euros, en effet l’Irlande ne fait pas partie du Royaume-Uni, contrairement à l’Irlande du Nord. L’Irlande est donc indépendante. Elle est divisé en 4 provinces (Ulster au nord, Connacht à l’ouest, Munster au sud et Leinster à l’est). Ces 4 provinces sont elles-mêmes subdivisées en 32 comtés. Actuellement je suis donc dans la province de Leinster, dans le comté de Wexford et plus précisément dans le petit village d’Adamstown. Je quitte Ulrich à à 21h30 et je ne tarde pas pour rejoindre mon lit.

Le lendemain, premier réveil en terre irlandaise; le jour se lève tranquillement et moi de même, vers 07h45. Je me prépare, je remets toutes mes sacoches sur mon vélo prêt à partir. Ensuite je vais rejoindre Ulrich dans sa cuisine, il est déjà là, assit sur sa chaise. Il a préparé un déjeuner XXL, il me demande de m’assoir et me prépare le café. Oui oui, les Irlandais sont extrêmement chaleureux. Vous connaissez peut-être ce proverbe : « En Irlande il n’y a pas d’étrangers mais seulement des amis que vous n’avez pas encore rencontrés ». En tout cas, moi je ne la connaissais pas, mais Ulrich me l’a raconté, mais me l’a avant tout démontré. Il est maintenant 09h, Ulrich possède un grand terrain autour de sa maison et me parle de ses alpagas qui sont au fond de son jardin, il me propose d’aller leur rendre une petite visite. Chose que je ne peux refuser, vous savez ces mammifères provenant d’Amérique Latine ont une douce image dans ma tête. Souvent élever pour leur laine, Ulrich en possède 6 mais simplement par plaisir. Je ne les approche pas trop, ces animaux sont plutôt craintifs, mais je parviens à prendre quelques photos.



Le temps passe tellement vite, voila maintenant 11h. Je note un petit mot dans le cahier de souvenir d’Ulrich, déjà bien rempli par la main de nombreux voyageurs étant passé ici avant moi, encore une belle preuve de la générosité et la gentillesse d’Ulrich. Je le remercie chaleureusement et le salue. Je suis désormais de retour sur la route, accompagné par le soleil mais pour combien de temps ? Il est 13h lorsque je vois le ciel s’assombrir. Ce qui devait arriver, arriva, à 14h, une grosse averse me tombe dessus. Il ne pleut que 30 minutes mais je me retrouve complètement trempé. Il est vrai que j’ai un peu joué avec le diable, je n’ai pas mis ma combinaison de pluie pensant que ça allait juste être une petite pluie fine. Malheureusement pour moi, j’ai joué, j’ai perdu. Kevin 0 temps irlandais 1. Bien trempé, mon moral en prendra un coup mais j’enfilerai malgré tout 95km. Et pour la première fois, je dormirai dehors.  Ici tous les champs sont fermés, il est très difficile de trouver un endroit pour bivouaquer. Et comme ci ça ne suffisait pas, la météo s’annonce capricieuse toute la nuit. Je suis à l’entrée de Grange, un tout petit village irlandais, lorsque j’aperçois un petit garage en bois, qui à l’air abandonné. Quel chance !!! Alors je me pose en dessous, je sort mon réchaud et je cuis des pâtes, puis je commence à installer ma tente, les heures passent et personne ne vient me voir. Je passerai finalement la nuit ici et personne ne me rendra visite. Je m’endormirai en très peu de temps.



Bien reposé mais le ventre vide, je reprends la route en direction de Limerick. Une grande partie de la journée j’emprunterai une grande route, avec énormément de circulation, mais, possédant une large bande sur le bas-côté, idéal pour les vélos. Par moment, il m’arrivera de bifurquer sur des plus petites routes. Quelques km avant Limerick, je quitterai cette grande route afin d’éviter cette grande ville, mais principalement car je dois me rendre à Pallaskenry, où Armelle, John et leurs filles m’attendent.



À 17h, j’arrive chez Armelle et j’entends parler français. Et oui, Armelle est française, elle vit et travaille en Irlande depuis longtemps, son mari, John est irlandais. Je les ai contacté par l’intermédiaire de Warmshower.  À mon arrivée, je serai accueilli comme si j’étais un membre de leur famille, Armelle prendra soin de moi comme si j’étais son fils, elle m’offrira un goûter puis me proposera de laver mes vêtements. En début de soirée, nous prendrons l’apéro au soleil, sur leur terrasse, puis nous rentrerons à l’intérieur pour le diner. Nous discuterons beaucoup, et en français s’il vous plait. J’en apprendrai énormément sur l’Irlande et sur son histoire. De la grande famine en 1950, à l’occupation Anglaise en passant par les nombreux conflits nord-irlandais, je comprendrai que ses habitants ont été souvent confronté à la violence et à la pauvreté. De nos jours, les choses se sont nettement amélioré mais ces histoires sont vraiment ancrées dans la culture locale. Nous continuerons nos discussions autour d’un thé avant que j’aille rejoindre Morphée.

Jour 6, après le petit déjeuner et comme prévu hier, John me propose de me déposer prés de son boulot à 30km d’ici, c’est mon chemin, c’est parfait et surtout ça m’évitera d’emprunter une partie de route très peu évidente. Celle que j’ai empruntée hier pour arriver chez eux, c’est une petite route mais avec énormément de circulation. On embarque le vélo dans la voiture et tous les bagages, je salue Armelle et avec John, nous prenons la route, en voiture. Une fois arrivé à destination, John m’aide à remonter mon vélo et mes bagages. Je prends une petite photo souvenir et je le remercie. Je regagne la route pour une journée qui s’annonce belle. 20km plus loin, la pluie fait son apparition et elle me suivra toute la journée. Mais que par période, alternant pluie et soleil. Donc entre chaque averse, j’ai la chance de pouvoir sécher et je décide donc de me laisser mouiller, sans mettre ma combinaison de pluie. En été, cette dernier est un enfer, car il est vrai qu’elle m’évite d’être mouillé par la pluie, mais je le suis encore plus par ma transpiration. Alors à choisir, je préfère la pluie. 



J’arrive à mon objectif du jour, les falaises de Moher (Cliff of Moher, en anglais) à 12h. Elles sont situées au sud-ouest de Burren, dans le comté de Clare. C’est un haut lieu du tourisme irlandais et je pourrai le constater par mes propres yeux. Des hordes d’autobus me doubleront tout au long de l’ascension d’une belle montée, d’au moins 1km. Ça grimpe bien et pour couronner le tout, une grosse averse fait son apparition à ce moment précis, une averse dont seule l’Irlande à le secret. Trempé et épuisé, j’arrive au sommet et la nature m’offre l’un de ses plus beau cadeau, un soleil radieux qui me remontera le moral, et qui accessoirement séchera mes affaires. Le soleil n’est pas le seul à être présent, il y aussi ce flot incessant de touriste. J’accroche rapidement mon vélo à une barrière puis m’en vais vers ces falaises, c’est gratuit, il y a juste le parking qui est payant (8€ par personne et non par véhicule). Celles-ci s’étendent sur 8km de long pour une hauteur atteignant à certains endroits jusqu’à 215 mètres. Il y a vraiment de magnifique point de vue donnant sur les falaises. Je n’effectuerai pas la totalité des 8km, par précaution, je ne suis pas trop emballé par l’idée de laisser mon vélo et toutes mes affaires seules, trop longtemps. Alors après quelques clichés, je retrouve mon biclou et je retourne la route. La fin de journée est moins éprouvante, puisque seule, une descente de 10km et sous le soleil, me fera atterrir à Doolin, ou je passerai la nuit dans un camping. La seule petite complication de l’après-midi sera d’installer ma tente, le vent étant en ma défaveur, tout comme mon emplacement, je passerai plus d’une heure à l’installer mais je finirai, tant bien que mal, à y parvenir. J’occuperai ma fin de journée avec quelques appels téléphoniques, du tri dans mes photos, le repas du soir mais aussi quelques rencontres, celles que je ferai dans la cuisine collective du camping.



■ Jour 3 – Samedi 03 Aout 2019 ➨ RosslareAdamstown : 45km [Nuit chez l’habitant]
■ Jour 4 – Dimanche 04 Aout 2019 ➨ AdamstownGrange : 95km [Bivouac sauvage]
■ Jour 5 – Lundi 05 Aout 2019 ➨ GrangePallaskenry: 94km [Nuit chez l’habitant]
■ Jour 6 – Mardi 06 Aout 2019 ➨ PallaskenryDoolin : 70km [Camping]

PK 474

La suite, dans un prochain article. Si vous avez des recommandations pour améliorer mes écrits, n’hésitez pas à laisser un commentaire, vous pouvez aussi, si vous le souhaitez partager cet article. MERCI de votre soutien.

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